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Essai transformé à l'Université de Rennes 2


La galerie « Art et Essai » à l'Université Rennes 2 crée l’événement en organisant la première exposition monographique française de l’artiste américaine Cady Noland.


Essai transformé à l’Université Rennes 2 où la galerie « Art et Essai » crée l’événement en organisant la première exposition monographique française de l’artiste américaine Cady Noland, une des artistes le plus radicales de sa génération qui a décidé depuis 1999 de cesser d’exposer et de rompre tout lien avec la scène de l’art. Paradoxalement, cette grève artistique de la fille de Kenneth Noland l’a propulsée dans les plus hautes sphères du marché de l’art, devenant en 2011 la femme dont l’œuvre est la plus cotée grâce à son portrait perforé de Lee Harvey Oswald, Oozewald (1989), dont une des quatre éditions a trouvé preneur pour plus de 6,5 millions de dollars chez Sotheby’s … Cette cote n’a pas facilité la tâche des commissaires de l’exposition qui ont néanmoins convaincu le Musée Boijmans de Rotterdam, le SMAK de Gand ou les collectionneurs Eric Decelle et Dimitris Daskalopoulos de leur confier leurs précieuses œuvres. On y verra là le gage d’une notoriété grandissante et du professionnalisme reconnu à la jeune galerie universitaire, associée pour la circonstance au FRAC Bretagne. 

Le SACRe de Paris Sciences-Lettres : Arts, Sciences, Recherche et Création

Par Pierre Caron

Née du rapprochement des meilleurs institutions universitaires parisiennes, l'université de recherche Paris Sciences et Lettres () construit un pont de plus entre les disciplines avec sa nouvelle formation doctorale SACRe (Sciences, Arts, Création et Recherche).



 SACRe : derrière ce divin acronyme, se cache une formation doctorale ouverte en 2012 par Paris Sciences-Lettres (PSL). Ce diplôme pluridisciplinaire (Sciences, Arts, Création, Recherche) offre aux étudiants la possibilité de développer un projet personnel fort et novateur, en bénéficiant de la rencontre avec différents domaines de pensée et de création.

Cette diversité intellectuelle est au cœur de la mission originelle de Paris Sciences-Lettres. PSL fut fondée en 2010, sous le label PRES (Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur, un rapprochement d’établissements prestigieux), et regroupe neuf membres fondateurs (des écoles et universités toutes plutôt spécialisées en sciences justes ou en sciences humaines) auxquels sont venus s’ajouter onze membres associés (parmi lesquels cinq écoles liées aux arts). PSL vise, par la mutualisation des moyens et des politiques, à atteindre un niveau d’excellence international et à offrir une visibilité accrue à ses chercheurs.

Le SPEAP, ou comment mêler politique et art à Science Po Paris.

Par Pierre Caron

Le philosophe et sociologue des sciences, Bruno Latour croise les genres à l'Institut de Sciences Politiques de Paris et crée une Ecole des Arts Politiques. SPEAP offre à des jeunes artistes et chercheurs un cadre de travail et de rencontre, permettant non seulement la rencontre entre des modes de pensée divers mais également la collaboration sur de réelles problématiques sociales, politiques et artistiques.


Quels rapports peuvent exister entre politique et art ? Beaucoup à en croire le philosophe et sociologue des sciences Bruno Latour qui a fondé, à Sciences Po Paris, un diplôme de master mêlant ces deux domaines de recherche. Nommée Sciences Po Ecole des Arts Politiques (SPEAP), cette formation d’excellence provient d’une démarche à la fois théorique et pragmatique, explicitée de façon simple par Latour lui-même : trois questions sociales importantes sont identifiées, la première touche à la politique -nos représentants sont-ils aujourd'hui fidèles ?-, la seconde aux sciences et aux Humanités -les problèmes sont-ils aujourd'hui bien représentés ?- et la troisième, de nature artistique, est en lien avec les deux précédentes -quelle pertinence le médium artistique peut-il développer aujourd'hui face à la politique et aux sciences ?

Pour qui connait les travaux de Bruno Latour, la matrice de ce diplôme apparaît clairement comme le prolongement d'une démarche promue par le philosophe -en particulier à travers un ouvrage intitulé Enquête sue les modes d'existences (La découverte, 2012). Elle consiste à ne pas tenter de résoudre directement une problématique qui a été identifiée dans une situation politique, sociale ou morale existante mais, plutôt, d'essayer de remettre en cause les prémisses du problème, de façon à évaluer si les outils avec lesquels nous tentons de le résoudre sont adaptés. Il s'agit donc de définir le domaine dans lequel s'inscrit véritablement cette problématique : voilà le "mode d'existence" sur lequel se concentre la démarche du philosophe.

Design Thinking : à la recherche de l’étincelle créatrice

Par Pierre Caron


Le design thinking connaît aujourd’hui un essor en France, et son application se trouve au centre de nombreux programmes innovants mis en place par nos Grandes Ecoles. Qu’est-ce que le design thinking ? Un mode de pensée et une méthodologie visant le processus idéal de création d’un objet. Il propose de rechercher la nouveauté qui répondra à un besoin et pense, dès les prémices du projet, à sa conception, son dessin, sa fabrication, sa commercialisation et sa promotion. On peut résumer son principe par trois axes -empathie, créativité, rationalisme- et par un attachement tout particulier au dialogue, où chacun peut donner libre cours à son imagination.




C'est à l'Université de Stanford que fut développé le concept de design thinking

L’influence du design thinking sur l’enseignement supérieur français ne devrait pas nous étonner. Ce concept ne prend-il pas racine dans un contexte universitaire ? En effet, c’est à la D. School (école de design) de Stanford University que s’est formé le design thinking et surtout à travers son Joint Program in Design (établi en 1958 mais formalisé au cours des années 1960), un programme qui regroupe en son sein des cours d’ingénierie et d’art. Son point de départ est la pensée d’un design qui se concentre sur l’homme moderne et ses besoins quotidiens. Il a été progressivement développé, au cours des années 1960 puis 1970, par les professeurs de Stanford, dont Robert McKim, David Kelley, Rolf Faste et Matt Kahn.

Ted Noten charcute le diplôme de l'Académie de Design d'Eindhoven

 Par Jérôme Poggi

Tous les ans, l'Académie de Design d'Eindhoven commande à un artiste un trophée pour la cérémonie de remise des diplômes. En 2010, Ted Noten, en association avec Freedom of Creation, entreprise spécialisée dans l'impression en 3D, ont "charcuté" le diplôme l'inscrivant dans une tradition séculaire du partage....


C'est à un de ses enseignants, le designer et créateur de bijoux Ted Noten, que l'Adacémie de Design d'Eidhoven (NL) a demandé d'inventer le diplôme de la promotion 2010.... Fidèle à sa réputation iconoclaste, le designer hollandais est allé puiser dans les traditions les plus séculaires, celles que l'on retrouve déjà dans les tableaux de Brueghels ou de David Teniers... Il s'est plus particulièrement inspiré du jour le plus important de l'année au Moyen-äge... le jour du cochon.... celui où le village entier se réunissait dans une convivialité festive pour tuer et surtout partager le cochon.

C'est cette symbolique du partage que Ted Noten a exploité avec humour imaginant un trophée ayant la forme d'une tête de cochon dont chaque diplômé devient dépositaire d'une tranche indiquant sa spécialité. Plutôt abstraite une fois isolée, prenant l'allure d'un trophée que certains accrocheront au mur de leur domicile ou de leur bureau, ces tranches recomposeront le jour venu, l'emblème d'une promotion dispersée.

MSC Design et Management du Luxe à l'ICN de Nancy

Par Pierre Caron

L'Ecole de Management de Nancy propose un Master in Science dédié au secteur du luxe en coopération avec l'Ecole des Mines et l'Ecole d'art de Nancy


La devise de l'école de commerce de Nancy parle d'elle même : Creative Thinking makes the difference. En plaçant la notion de créativité au coeur de son enseignement, l'école se revendique la digne héritière de la fameuse Ecole de Nancy qui, au début du siècle, militait déjà pour l'« alliance provinciale des industries d’art, sorte de syndicat des industriels d’art et des artistes décorateurs" ayant l'ambition de "constituer en province des milieux d’enseignement et de culture favorables à l’épanouissement des industries d’art, pour la défense et le développement des intérêts industriels, ouvriers et commerciaux du pays».

Membre du consortium ARTEM qui opère un rapprochement aussi bien géographique que pédagogique entre les écoles de commerce, d'ingénieur et d'art de Nancy, l'ICN Nancy a créé un Master of Science transdiciplinaire dédié au secteur du luxe.

IDEA : l’art réunit sciences et Management à Lyon, par Jérôme Poggi

Par Jérôme Poggi

IDEA...les quatre lettres du nouveau Master in Science que l'ECL et l'EML ont inauguré en 2012 disent à elles seules l'originalité et l'ambition de ce programme : Innovation, Design, Entrepreneurship ...et Arts.


Comme on parle de fracture sociale ou numérique, on pourrait inventer le concept de « fracture académique » pour décrire le sectarisme dont fait encore souvent preuve aujourd’hui le système d’enseignement français, distinguant trop nettement les sciences dures d’un côté et celles dites molles de l’autre, ou, pour dire les choses autrement, opposant les sciences, les lettres et l’économie. Pourtant depuis quelques années, une tendance transdisciplinaire importée des Etats-Unis pousse des rapprochements de plus en plus naturels entre école d’ingénieurs et de management, qui empruntent parfois le raccourci de l’art pour se retrouver.

Dans la banlieue ouest de la capitale lyonnaise, à Ecully, cette fracture s’incarne très visiblement par la grande avenue Guy de Collongue qui sépare depuis plus de trente ans les deux campus de l’Ecole Centrale et de l’Ecole de Management de Lyon. C’est pour combler ce fossé que les deux écoles ont décidé de s’allier en 2009 pour créer une formation à cheval entre leurs deux champs de compétences. Baptisée initialement IDE pour Innovation, Design et Entrepreneurship, le projet s’inspire des théories de Design thinking, imaginée par l’université de Stanford en Californie dans les années 80. Conciliant pensée analytique et intuitive, le Design thinking privilégie le dénominateur commun entre toutes ces disciplines : la capacité créative à l’œuvre dans toutes les étapes du process.

LA GALERIE "ART ET ESSAI" A L'UNIVERSITE RENNES 2



Installée depuis dix ans dans les anciennes réserves de la bibliothèque du campus de Villejean, la galerie universitaire Art et Essai est devenue progressivement un des lieux incontournables de l’art contemporain en Bretagne. Sous la houlette de l’historienne de l’art Elvan Zabunyan et du critique d’art David Perreau, tous deux enseignants dans le Master « Métiers et arts de l’exposition », les étudiants de cette formation professionnelle assurent tous les ans le commissariat d’une exposition monographique qu’il mènent de bout en bout, depuis la conception de l’événement jusqu’à son organisation logistique et sa médiation. 
« Pensée comme un musée en application », nom de l’association porteuse du projet, « la galerie offre aux étudiants un laboratoire à l’échelle 1 où s’allie une réflexion théorique, historique et critique à une expérience pratique de l’exposition » explique Elvan Zabunyan. Ayant vocation d’exemplarité et une ambition internationale, la galerie privilégie des figures singulières de l’histoire de l’art contemporain comme Martha Rosler, Victor Burgin, Sarkis, Valérie Jouve, Jordi Colomer, Delphine Coindet ou, plus récemment, Cady Noland.


Vue de l’exposition « Winterreise » de Bernard Calet, galerie « Art et Essai », Rennes, janvier 2013. 


PASTE : L'ESPRIT DE CORPS - projet en cours

Par Jérôme Poggi, médiateur de la commande dans le cadre de l'action Nouveaux commanditaires de la Fondation de France.

Une association d'anciens élèves du Master professionnel "Sciences et Techniques de l'Exposition" de l'Université Paris 1 passe commande d'une œuvre à l'artiste Claude Closky.

L’association Paste réunit les anciens étudiants du Master 2 professionnel "Sciences et Techniques de l’Exposition" de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle a été créée en 2012 dans le but de promouvoir cette formation diplômante spécialisée dans les métiers de l’art contemporain. L’association est ouverte à l’ensemble des anciens étudiants, aux anciens et aux actuels intervenants de la formation, ainsi qu’à toute personne désireuse de la soutenir.

REAL... ouvre une voie entre l'artiste et l'entrepreneur : le réalisateur


Par Pierre Caron

L’école de management Audencia et l'école supérieure des beaux-arts à Nantes ont répondu à la proposition de Fabrice Hyber de faire se rencontrer la sphère entrepreneuriale et la sphère artistique. A la source de ce projet, l’ambition d’encourager l’innovation, de construire des parcours singuliers et créatifs et la conscience que la diversité de la production artistique actuelle nécessite de nouveaux moyens techniques et financiers. A ces besoins, la formation REAL… propose de répondre par le partenariat des artistes et des grandes entreprises, le coaching personnel et une série de séminaires centrés sur les outils de développement d’un projet personnel.
l'Ecole Supérieure des Beaux Arts (ESBA) de Nantes

L'Artscience Lab de Harvard University




David Edwards, inventeur du concept d'Artscience Lab, projette d'ouvrir son troisième laboratoire à Harvard à l'horizon 2014. Il a créé Le Laboratoire en 2007 à Paris. 

L'art et la science ont pour point commun de naître d'une expérience, voire d'un processus créatif. Partant du principe que les artistes comme les designers utilisent de plus en plus les innovations technologiques dans leurs créations, l'Ecole d'Ingénieurs d'Harvard a créé une plateforme, The Lab, afin d'accélérer les échanges d'idées et de connaissance avec les scientifiques. Ce laboratoire est conçu comme un espace de rencontres entre les étudiants, les professeurs et les artistes et le programme Idea Translation inclut des expositions de projets élaborés par les étudiants. Chaque année des artistes sont invités à développer un travail en lien avec les partenaires scientifiques du Lab suivant un principe d'expérimentation technologique. Artscience se conçoit ainsi comme un processus de création qui permet de faire la synthèse des méthodes esthétiques et analytiques et constitue un catalyseur d'innovation sur la base d'un partenariat.


L'Artscience Lab de Harvard University




David Edwards, inventeur du concept d'Artscience Lab, projette d'ouvrir son troisième laboratoire à Harvard à l'horizon 2014. Il a créé Le Laboratoire en 2007 à Paris. 

L'art et la science ont pour point commun de naître d'une expérience, voire d'un processus créatif. Partant du principe que les artistes comme les designers utilisent de plus en plus les innovations technologiques dans leurs créations, l'Ecole d'Ingénieurs d'Harvard a créé une plateforme, The Lab, afin d'accélérer les échanges d'idées et de connaissance avec les scientifiques. Ce laboratoire est conçu comme un espace de rencontres entre les étudiants, les professeurs et les artistes et le programme Idea Translation inclut des expositions de projets élaborés par les étudiants. Chaque année des artistes sont invités à développer un travail en lien avec les partenaires scientifiques du Lab suivant un principe d'expérimentation technologique. Artscience se conçoit ainsi comme un processus de création qui permet de faire la synthèse des méthodes esthétiques et analytiques et constitue un catalyseur d'innovation sur la base d'un partenariat.


HEC ose l'art


Édouard Sautai / Fichtre, exposition « des orientations », 
campus HEC. Photo : Collectif Fichtre.


Par Jérôme Poggi


Il n’y a pas que des présidents de la République qui sortent d’HEC… De plus en plus de diplômés de la prestigieuse école de commerce occupent des postes de direction dans le domaine culturel, au grand damne de certains qui préféreraient y voir des conservateurs du patrimoine purs et durs, garant de la prévalence du projet sur les moyens nécessaires à sa mise en œuvre.


Force pourtant est de reconnaître que les grandes institutions culturelles se pilotent de nos jours comme de grandes multinationales, requérant une maîtrise combinée des lois du management et de l’histoire de l’art. Regroupés au sein de l’association « Culture et management », que préside Manuel Rabaté, secrétaire général de l’Agence France Museum passé par HEC, ces nouveaux pontes de la culture incarnent une alliance décomplexée entre l’économie et la culture que certains désignent sous le terme « d’économie mauve ». Au-delà d’une économie sectorielle de la culture, ce concept prend en considération l‘impact que toute activité humaine  imprime à son environnement culturel dans une perspective de développement durable. Fervent défenseur de cette idée, Bernard Ramanantsoa, directeur général d’HEC, milite pour une conception élargie de la mondialisation qui ne se limite pas à « une addition d’intérêts économiques », rappelant qu’elle est «  avant tout une mémoire commune, partagée entre différentes cultures » et que « le fait de l’oublier est probablement à l’origine de la crise économique ». Dont acte… 

A Sciences Po, la culture se conquiert





A Sciences Po, la culture ne s’hérite pas mais se conquiert, pourrait-on dire en reprenant le mot fameux d’André Malraux. Elle ne se bachote pas non plus d’où la décision souvent mal comprise de supprimer l’épreuve de culture générale de son concours d’entrée. Eclaboussant les partisans d’une conception élitiste de la culture, ce véritable pavé dans la mare germanopratine s’inscrit bien au contraire dans une réforme en profondeur de l’enseignement à Sciences Po où l’art et la culture jouent désormais un rôle sans précédent dans la formation.

Ayant rejoint le regretté Richard Descoings en tant que directeur adjoint et scientifique de la vénérable institution, le philosophe des sciences et sociologue Bruno Latour y a développé depuis 2007 le concept d’ « Humanités scientifiques » cher au premier, favorisant les croisements entre toutes les sciences qu’elles soient sociales, humaines, ou dures. « Comment former des élèves sans le détour de la philosophie, sans anthropologie, sans géographie, sans démographie, comment les former sans théologie » s’interroge ce penseur iconoclaste, qui a toujours regardé du côté de l’art et des artistes pour réinterroger notre façon de voir et de penser le monde.