Depuis
quelques années, se manifeste une volonté institutionnelle de redonner forme, lustre et panache aux rituels académiques
disparus. A l'instar du Conseil National des Ventes ou de l'Ecole Centrale de Paris, de plus en plus d'établissements se tournent vers des artistes pour répondre à ce fort besoin symbolique par des formes contemporaines.
Nos
universités et grandes écoles aussi ont leurs musées… Mais il faut les chercher
le plus souvent au détour d’un couloir du côté des archives, dans le bureau du
directeur sous une pile de dossiers, au mieux, au centre de documentation. Là,
couchés dans une simple et souvent encombrante vitrine, sont conservés des
objets, témoignant de la fierté passée de nos institutions, d’une époque où le
symbole avait valeur de sens. Emblèmes, uniformes, bicornes et autres
couvre-chefs, médailles et décorations, diplômes calligraphiés ont aujourd’hui
disparu, comme a disparu la plupart des rituels liés aux moments clés de la
scolarité (intégration, diplomation). Quelques institutions résistent certes et
font perdurer des traditions comme le bal de l’X à l’Opéra Garnier, mais leurs
accents sont souvent plus folkloriques que profondément symboliques.