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Le Bard College, au diapason de la réalité

Par Jérôme Poggi
 
Au premier regard, le Bard College ressemble à la plupart des campus universitaires américains, perdu au milieu d’un paysage extraordinaire dans la vallée de l’Hudson, à deux heures de Manhattan. La visite de ses 240 hectares révèle pourtant un modèle universitaire unique, valant à cette prestigieuse institution une réputation progressiste depuis sa création en 1860.
Olafur Eliasson, Le Parlement de la Réalité, 2009, commande du CCS du Bard College, New York. Photo : D. R.
En arrivant depuis la gare de Poughkeepsie, le visiteur traversera peut-être le cimetière boisé de l’université où, parmi des personnalités émérites, repose la philosophe d’origine allemande Hannah Arendt dont l’esprit continue de planer sur le campus, entretenu par le Hannah Arendt Center For Politics And Humanities. Un peu plus loin, il apercevra des étudiants cultivant eux-mêmes un vaste jardin potager, biologique bien sûr, dont la production est vendue au restaurant universitaire pour nourrir une communauté de près de 2 500 élèves et chercheurs, oeuvrant dans tous les champs des arts libéraux, de la biologie et des mathématiques jusqu’à la finance et la sociologie. Sans oublier les arts qui constituent un des fers de lance de l’institution. Situé au bord de l’Hudson, le prestigieux Center for Curatorial Studies and Art in Contemporary Culture (CCS) que dirige aujourd’hui Tom Eccles, est ainsi l’une des premières formations curatoriales au monde, à la fois par son antériorité (1990), par son influence et ses moyens. Le musée Hessel (1 500 m2) qui le jouxte abrite une collection riche de 1 700 oeuvres d’art contemporain que Marieluise Hessel, une des fondatrices du CCS, a offerte au Bard College pour allier la pratique à la théorie curatoriale. Les futurs commissaires peuvent s’y mesurer aux oeuvres directement, devant organiser un projet à partir de la collection dans le cadre de leur cursus universitaire, comme en témoignent les trois expositions en cours.

Sainsbury Centre For Visual Arts : un monument

Par Jérôme Poggi
 
La Grande-Bretagne compte une centaine de musées universitaires qui jouent un rôle essentiel dans la vie culturelle du pays. À côté d’institutions aussi vénérables que l’Ashmolean Museum de l’université d’Oxford, plus vieux musée universitaire au monde créé dès 1683, de jeunes universités anglaises sont parvenues en quelques années à se doter elles aussi d’institutions culturelles de premier plan. 

Sainsbury Centre for Visual Arts, Museums Galleries à Norwich.
Photo : D. R.
C’est le cas de l’Université d’East Anglia créée à quelques kilomètres de Norwich en 1963 seulement, soit un peu plus de neuf siècles après la fondation de l’Université d’Oxford. Elle n’a pourtant pas attendu aussi longtemps pour se doter d’un musée, née de la générosité d’un couple de collectionneurs. En 1973, Sir Robert et Lady Sainsbury firent don de leur collection à l’Université, avec l’idée « d’offrir aux étudiants, enseignants et au public l’opportunité de fréquenter les oeuvres intimement, de la même façon qu’eux-mêmes le firent chez eux, sans lourdeur muséale excessive ». Parallèlement, leur fils fit don d’une somme permettant de construire un bâtiment et de financer son fonctionnement. Coup de maître, c’est au jeune Norman Foster que la commande fut passée. Le futur Prix Pritzker y signa son premier bâtiment public, inauguré en 1978, non loin des fameuses ziggourats de l’architecte Denys Lasdun qui hébergent les étudiants dans de remarquables bâtiments en terrasses tout de béton et de verre. 

Contemporary Art Club : les sociétaires de l'art


Par Jérôme Poggi

Créé il y a près de dix ans par le jeune collectionneur Charles Guyot et sa soeur Victoire, le Contemporary Art Club (CAC) est une association unique en son genre dont les membres ont comme principal trait commun d’être (presque) tous diplômés de grandes Écoles (HEC, ESSEC, Sciences Po, Polytechnique, Centrale, etc.). L’autre particularité qui les réunit est leur curiosité pour l’art. Une curiosité active qui dépasse le simple désir de se cultiver, mais témoigne d’une volonté de se hisser sur la scène de l’art et de ne pas seulement en être les spectateurs.


Jean de Loisy et Charles Guyot accueillant des membres du CAC
dans le cadre de l’exposition « Philippe Parreno » au Palais de Tokyo.
© Contemporary Art Club.
On aurait d’ailleurs aimé les appeler les actionnaires de l’art, non pas ceux du CAC 40 car le jeu de mot avec leur acronyme aurait été trop facile, mais ceux que Gustave Courbet a représentés dans son Atelier du peintre aux côtés de Baudelaire, Proudhon et Bruyas sous les traits d’un couple d’amateurs d’art anonymes : « Ce sont mes actionnaires », écrivait le peintre réaliste dans une lettre à Champfleury, « c’est-à-dire ceux qui participent à mon action »… À travers cette peinture manifeste et allégorique, Courbet militait pour une esthétique relationnelle avant l’heure, encourageant un rapport à l’art non passif et contemplatif esthétiquement parlant, mais engagé et actif, socialement et économiquement.

La voie indienne

Par Jérôme Poggi

Au pied des pentes naissantes de l’Himalaya, c’est à Chandigarh que se rencontrent le modernisme occidental et la civilisation indienne la plus séculaire.

Créée au début des années années 1950 suite à la partition entre l’Inde et le Pakistan, Chandigarh est une ville nouvelle que Nehru a commandée à Le Corbusier. Ce dernier y réalise avec son cousin Pierre Jeanneret une oeuvre majeure de l’urbanisme moderne. S’il signe le plan global de la ville et ses bâtiments les plus emblématiques tels que le Parlement, le musée ou l’École des beaux-arts, Le Corbusier laisse à son cousin et fidèle collaborateur le soin de dessiner et construire l’Université du Penjab. Fonctionnaliste à l’image de la ville tout entière de Chandigarh, avec ses bâtiments en béton brut et ses allées perpendiculaires arborées, le campus gravite autour d’un des chefs-d’oeuvre de Jeanneret : le Ghandi Bhavan, centre d’étude sur l’oeuvre et la vie de Gandhi dont la plupart des universités indiennes sont aujourd’hui dotées. L’entrée de ce petit bâtiment, voisin du musée d’art de l’université dans lequel le célèbre historien de l’art B. N. Goswamy a réuni une collection significative d’art moderne indien, est surmontée de la devise préférée de Gandhi : « TRUTH IS GOD ». Plus encore que l’indéniable qualité architecturale du campus, la situation et la fonction de ce bâtiment incarnent symboliquement la place que la vie de l’esprit occupe dans le système universitaire indien.
Le Gandhi Bhavan de la Penjab University of Chandigarh,
vu depuis le musée de l’université. © Jérôme Poggi.

L'Université du XXIe siècle doit faire appel aux artistes contemporains


Par Jérôme Poggi

Longtemps tenue en marge du système culturel, l’université française pourrait-elle en devenir le centre, pour reprendre la formule par laquelle Frédéric Martel a mis en évidence le rôle central des campus américains dans l’édification de la puissance culturelle transatlantique ?

L’art contemporain doit jouer un rôle fondamental au sein des espaces académiques, dans une perspective non seulement pédagogique mais aussi symbolique et stratégique. Pédagogique d’abord, nul ne pouvant faire l'impasse sur un outil aussi puissant que l'art contemporain pour appréhender le monde d'aujourd'hui et de demain dans toute sa complexité, pour interroger, deviner, sinon comprendre la société dans laquelle nous vivons et inventer son avenir. Pour une population d'étudiants, de chercheurs et d'enseignants atteignant un niveau d'études et de recherche aussi élevé, et appelés à occuper des responsabilités futures importantes pour la société, l'art est une nécessité en tant que stimulation et développement intellectuel qui exige de mettre en relation la sphère universitaire avec celle artistique la plus élevée.

Symbolique ensuite tant les institutions françaises d'enseignement supérieur souffrent d'un déficit d'image manifeste dans un contexte mondialisé de plus en plus concurrentiel. Est-ce vraiment un hasard si les meilleures universités du classement de Shanghai sont aussi les plus pourvues en art ? Leur ambition et leur excellence sautent littéralement aux yeux quand on traverse leur campus. Nul besoin de long discours pour saisir l'intelligence qui y règne. Elle s'incarne de façon tangible et visible dans leur environnement physique et symbolique. A l'heure où l'enseignement supérieur français connaît une révolution sans précédent, ses institutions sont confrontées à des questions d'identité nouvelles, nécessitant le renouvellement de leurs codes de représentation symboliques et rituels que des artistes peuvent réinventer de façon fulgurante, qu'ils soient plasticiens, architectes, designers, écrivains, chorégraphes, metteurs en scène, musiciens. L'université du XXIe siècle doit faire appel aux artistes contemporains pour fonder non pas seulement son image, mais aussi donner forme à son identité même.

Armin Linke photographie Sciences Po : un travail d'exploration et de dévoilement

Jorge-Luis Borges décrivait le rangement d’une bibliothèque comme « une façon silencieuse d’exercer l’art de la critique ». Cette formule désigne bien entendu la critique littéraire, mais exprime également, à travers le terme « art », à quel point la bibliothèque est à la fois un cerveau et un cœur : archive des lettres et de la pensée, elle touche au résonnement et à l’émotion de celui qui la conçoit, qui la consulte, qui s’y perd. Un lieu de mémoire et d’affect donc, et cela d’autant plus quand elle se trouve au sein d’une université : la bibliothèque est alors un lieu de travail incomparable, mais aussi un symbole de la recherche et de la collecte d’informations qui unit promotions d’étudiants et chercheurs dans une même démarche.

Ainsi, pour la restructuration de la bibliothèque de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, en 2010, les architectes François Sahuc et Jean-Luc Katchoura (cabinet S&K) imaginèrent un espace de six nouvelles salles de lecture mêlant autonomie et convivialité, et incitant à l’appropriation des documents et des espaces de lectures par les étudiants. A cet effet, les deux architectes conçurent un ameublement modulable permettant de marier les espaces de recherche individuelle ou de consultation rapide à des lieux de travail en groupe. L’outil le plus représentatif de cette conception originale est un mur de livres de 500 mètres de long, visant à faciliter la consultation des documents archivés.

A l’occasion de l’ouverture de ces nouveaux espaces, l’administration de la bibliothèque a exprimé le souhait de voir leur institution s’inscrire plus pleinement dans le corps de l’école, en affirmant sa participation centrale aux activités de recherche de Sciences Po, et en l’inscrivant dans le programme de soutien à l’art contemporain initié par l’école depuis 2010. Le besoin se faisait sentir d’un objet symbolique et publique, partagé par les deux groupes occupant un même espace : le personnel de la bibliothèque et les étudiants.

L’université, prochain Eldorado culturel ?

Par Jérôme Poggi


Une nouvelle convention cadre a été signée à Avignon cet été par les ministres de la Culture et de l'Enseignement supérieur. Intitulée "Université, lieu de culture", elle encourage la conférence des présidents d'universités à valoriser et promouvoir la place de l'art sur le campus.


La cause de l’université dans la politique culturelle publique avance, même si elle a pu paraître encore minoritaire dans le récent discours qu’Aurélie Filipetti a prononcé au Louvre sur la priorité accordée par son ministère à l’éducation artistique. Citée à une seule reprise dans un discours long de dix pages, la sphère universitaire semble néanmoins définitivement passée du statut de terra incognita – expression par laquelle Pierre Bourdieu dénonçait le désert artistique universitaire dans les années 80 comme le rappelle la ministre elle même, à celui de nouveau continent riche de promesses que les autorités semblent désormais disposées à explorer. L’université s’apprêterait-elle à devenir un nouvel Eldorado culturel ?

Une convention cadre peu médiatisée a en tout cas été signée le 12 juillet à l’Université d’Avignon entre le Ministère de la culture et celui de l’Enseignement supérieur. Intitulée « Université, lieu de culture », elle s’inscrit dans une série de mesures transministérielles qui, depuis la première loi dite Faure votée dans la foulée des événements de 68, jusqu’aux 128 propositions rédigées par la commission Culture Université présidée par Emmanuel Ethis en 2011, en passant par le protocole de coopération ministériel signée en 2002 par Catherine Tasca et Jack Lang, ont tenté de façon plus ou moins velléitaire de créer un pont entre leurs deux administrations culturelles et universitaires.

Essai transformé à l'Université de Rennes 2


La galerie « Art et Essai » à l'Université Rennes 2 crée l’événement en organisant la première exposition monographique française de l’artiste américaine Cady Noland.


Essai transformé à l’Université Rennes 2 où la galerie « Art et Essai » crée l’événement en organisant la première exposition monographique française de l’artiste américaine Cady Noland, une des artistes le plus radicales de sa génération qui a décidé depuis 1999 de cesser d’exposer et de rompre tout lien avec la scène de l’art. Paradoxalement, cette grève artistique de la fille de Kenneth Noland l’a propulsée dans les plus hautes sphères du marché de l’art, devenant en 2011 la femme dont l’œuvre est la plus cotée grâce à son portrait perforé de Lee Harvey Oswald, Oozewald (1989), dont une des quatre éditions a trouvé preneur pour plus de 6,5 millions de dollars chez Sotheby’s … Cette cote n’a pas facilité la tâche des commissaires de l’exposition qui ont néanmoins convaincu le Musée Boijmans de Rotterdam, le SMAK de Gand ou les collectionneurs Eric Decelle et Dimitris Daskalopoulos de leur confier leurs précieuses œuvres. On y verra là le gage d’une notoriété grandissante et du professionnalisme reconnu à la jeune galerie universitaire, associée pour la circonstance au FRAC Bretagne. 

Les Humanités, ressource essentielle en temps de crise : le plaidoyer de Martha Nussbaum

Par Pierre Caron

Dans un livre passionné et passionnant, la philosophe américaine soutient l'importance vitale des Humanités et des arts, pour permettre aux citoyens de faire face aux crises économiques et politiques et de se détourner des extrémismes et de leurs doctrines intolérantes. Embrassant les émotions et la fragilité humaine, deux thèmes majeurs de son oeuvre, Martha Nussbaum signe un appel à la raison et à l'empathie d'une citoyenne inquiète.

Alors que la ville de Detroit, dans le Michigan, vient de se déclarer officiellement en faillite, son manager de crise, Kevyn Orr, a récemment engagé la société de vente aux enchères Christie’s pour évaluer les œuvres de la collection du Detroit Institute of Art (DIA). Aucune crainte de voir la collection publique vendue pour combler les dettes de la municipalité, puisqu’un projet de loi excluant cette possibilité a rapidement été mis en place par les sénateurs de l’état, en réponse au tollé généré par cette affaire. Toutefois, la justification que M. Orr apporte à cette démarche sans précédent ne laissera pas de piquer les créateurs, enseignants ou amateurs d’art, sensibles à la transcendance de l’œuvre : « La ville doit connaître la valeur actuelle de chacun de ses biens, y compris de la collection municipale du DIA. Nous n’avons jamais eu, et nous n’avons toujours pas l’intention de vendre de l’art. (…) C’est un pas que la municipalité doit faire pour résoudre sa situation envers ses créditeurs (…). »

Il en est ainsi en temps de crise : la rentabilité devient l’aune à laquelle toute chose est mesurée. La création et l’éducation artistique s’en trouvent naturellement fragilisées et n’apparaissent plus comme des acquis de nos sociétés démocratiques. Les humanités, convoquant imagination et sensibilité personnelle, peuvent sembler frivoles face à des problèmes “réels”, qui appellent nécessairement des solutions “réalistes”. C’est le constat que faisait déjà en 2010 la philosophe américaine Martha Nussbaum dans son ouvrage Les Emotions démocratiques. En prenant de nombreux exemples (baisse de crédits, réduction d’effectif, exclusion des cursus) dans les systèmes éducatifs américains, européens ou indiens, elle soulignait combien la crise économique fragilise les humanités et toutes les matières qui ne visent pas l’apprentissage d’un savoir technique directement applicable, c’est-à-dire directement rentable.

Le SACRe de Paris Sciences-Lettres : Arts, Sciences, Recherche et Création

Par Pierre Caron

Née du rapprochement des meilleurs institutions universitaires parisiennes, l'université de recherche Paris Sciences et Lettres () construit un pont de plus entre les disciplines avec sa nouvelle formation doctorale SACRe (Sciences, Arts, Création et Recherche).



 SACRe : derrière ce divin acronyme, se cache une formation doctorale ouverte en 2012 par Paris Sciences-Lettres (PSL). Ce diplôme pluridisciplinaire (Sciences, Arts, Création, Recherche) offre aux étudiants la possibilité de développer un projet personnel fort et novateur, en bénéficiant de la rencontre avec différents domaines de pensée et de création.

Cette diversité intellectuelle est au cœur de la mission originelle de Paris Sciences-Lettres. PSL fut fondée en 2010, sous le label PRES (Pôle de Recherche et d’Enseignement Supérieur, un rapprochement d’établissements prestigieux), et regroupe neuf membres fondateurs (des écoles et universités toutes plutôt spécialisées en sciences justes ou en sciences humaines) auxquels sont venus s’ajouter onze membres associés (parmi lesquels cinq écoles liées aux arts). PSL vise, par la mutualisation des moyens et des politiques, à atteindre un niveau d’excellence international et à offrir une visibilité accrue à ses chercheurs.

Le SPEAP, ou comment mêler politique et art à Science Po Paris.

Par Pierre Caron

Le philosophe et sociologue des sciences, Bruno Latour croise les genres à l'Institut de Sciences Politiques de Paris et crée une Ecole des Arts Politiques. SPEAP offre à des jeunes artistes et chercheurs un cadre de travail et de rencontre, permettant non seulement la rencontre entre des modes de pensée divers mais également la collaboration sur de réelles problématiques sociales, politiques et artistiques.


Quels rapports peuvent exister entre politique et art ? Beaucoup à en croire le philosophe et sociologue des sciences Bruno Latour qui a fondé, à Sciences Po Paris, un diplôme de master mêlant ces deux domaines de recherche. Nommée Sciences Po Ecole des Arts Politiques (SPEAP), cette formation d’excellence provient d’une démarche à la fois théorique et pragmatique, explicitée de façon simple par Latour lui-même : trois questions sociales importantes sont identifiées, la première touche à la politique -nos représentants sont-ils aujourd'hui fidèles ?-, la seconde aux sciences et aux Humanités -les problèmes sont-ils aujourd'hui bien représentés ?- et la troisième, de nature artistique, est en lien avec les deux précédentes -quelle pertinence le médium artistique peut-il développer aujourd'hui face à la politique et aux sciences ?

Pour qui connait les travaux de Bruno Latour, la matrice de ce diplôme apparaît clairement comme le prolongement d'une démarche promue par le philosophe -en particulier à travers un ouvrage intitulé Enquête sue les modes d'existences (La découverte, 2012). Elle consiste à ne pas tenter de résoudre directement une problématique qui a été identifiée dans une situation politique, sociale ou morale existante mais, plutôt, d'essayer de remettre en cause les prémisses du problème, de façon à évaluer si les outils avec lesquels nous tentons de le résoudre sont adaptés. Il s'agit donc de définir le domaine dans lequel s'inscrit véritablement cette problématique : voilà le "mode d'existence" sur lequel se concentre la démarche du philosophe.

Les M. et Mme - Une commande de l'IUT de Tours aux 5.5 designers

photo Thomas Mailaender
Par Eric Foucault, médiateur de la commande

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Commande de l'IUT de Tours dans le cadre de l'action Nouveaux commanditaires de la Fondation de France.
 

Créé en 1969, l’IUT de Tours offre une formation professionnalisante dans des secteurs variés. Plus spécifiquement le département Carrières Sociales de l’IUT forme des animateurs capables de maîtriser un projet d’animation, de sa conception à son évaluation finale. La formation s’appuie largement sur l’enseignement des sciences humaines et sociales en favorisant des approches transdisciplinaires.
Madame Saskia Cousin, enseignante au sein de ce département, a sollicité Eternal Network dans le cadre de l’action Nouveaux commanditaires soutenue par la Fondation de France, afin de proposer à un groupe d’étudiants de deuxième année de carrières sociales d’être commanditaires d’une œuvre d’art contemporain. Pour ses futurs acteurs sociaux, l’enjeu de la commande est de se positionner en tant que commanditaires et de s’initier au fait que l’art peut éclairer, réorienter et approfondir les multiples questions qui animent la société actuelle.
Dans le cadre de l’élaboration de la commande, Eternal Network a invité les étudiants commanditaires à envisager le lieu dans lequel ils travaillent en prenant en compte à la fois la dimension symbolique et l’usage public de l’intervention artistique. Au cours de différentes séances de travail, leur attention s’est portée sur le hall d’accueil de l’IUT.
Au cœur de l’établissement, le hall distribue les différents départements d’enseignement et constitue l’accueil et l’accès aux services administratifs. Unique espace commun à tous les départements, il apparaît néanmoins comme dépourvu d’identité. Rien n’y indique la spécificité de cet établissement d’enseignement supérieur en tant que lieu de transmission de savoirs et d’apprentissages. En faisant appel à un artiste, les étudiants souhaitent requalifier cet espace pour en faire un pôle de sociabilité susceptible d’accueillir, voire susciter les échanges entre les étudiants de l’IUT.
L’initiative des étudiants et de leur professeur a été présentée à la Direction ainsi qu’aux autres enseignants de l’IUT. Ensemble, ils désirent mener une réflexion plus globale sur l’identité de l’établissement qui fêtera ses 40 ans en 2010 à travers une requalification artistique du hall de l’IUT et la création d’un mobilier adapté à ce lieu.
Sur une proposition d’Eternal Network, une étude artistique a été confiée au collectif 5.5 designers.

"Art contemporain et l'Ecole Centrale, des valeurs communes", par Hervé Biausser (directeur de l'Ecole Centrale Paris)

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En initiant sa propre collection d’art contemporain, l’Ecole Centrale Paris a une fois de plus apporté les preuves de son esprit avant-gardiste et devancé une tendance qui devrait s’affirmer dans les prochaines années. L’art est en effet inscrit dans les gènes de l’École Centrale Paris, qui a toujours encouragé la créativité de ses étudiants et délivré des figures artistiques majeures, la plus emblématique étant bien sûr Boris Vian. Le Bureau des Arts, qui organise le plus important festival de théâtre inter-étudiant d’Ile-de-France, compte également parmi les associations phares de notre École.

Récemment, à l’heure où le ministère de la Culture et de la Communication réfléchit à un plan de sensibilisation des Grandes Ecoles à l’art contemporain, quelques centraliens, collectionneurs et amateurs d’art, ont eu l’idée de créer un groupement art contemporain au sein de l’association des Centraliens. Ce groupement d’art contemporain s’inscrit donc à la fois dans la tradition centralienne et dans une profonde modernité, considérant que la communauté centralienne ne peut faire l’impasse sur un indicateur aussi puissant que l’art, qui permet de comprendre le monde dans lequel nous vivons et le tournant majeur où se trouve aujourd’hui notre civilisation.

L’idée de cette « photo de promo » est en ce sens des plus novatrices et emblématiques de l’intégration de l’art dans notre environnement spécifique de Grande École, car elle permet à notre communauté centralienne, en faisant chaque année appel à l’un des grands noms de la scène de l’art internationale, d’afficher une ambition intellectuelle aussi élevée que l’ambition scientifique qui nous caractérise. La promotion 2010 peut ainsi être fière d’inaugurer cette collection en confiant son image, son histoire, sa vision du campus de Châtenay-Malabry au photographe plasticien Jean-Marc Bustamante, qui a su cristalliser l’esprit du lieu où ils sont devenus et ont vécu Centraliens.

C’est donc avec beaucoup de plaisir et d’émotion que je remets aujourd’hui à chacun des élèves de cette promotion une édition originale et numérotée de Lumières 01.10, dont le tirage de tête en grand format sera également exposé durant un an dans les salons de la Maison des Centraliens avant de rejoindre le campus de l’Ecole et de laisser place à la « photo de promo 2011».

Quel sera l’artiste sollicité par cette promotion ? Nous ne le savons pas encore. Mais il est certain qu’il viendra enrichir une collection qui épouse les valeurs communes de l’art contemporain et de l’École Centrale Paris – l’innovation, la prospection, l’audace – et qui nous permettra petit à petit de rivaliser avec les meilleures universités internationales, dont les campus ressemblent souvent à de véritables musées.

Entretien avec Jean-Marc Bustamante, par Jérôme Poggi

+ QUELLE IMAGE AVIEZ-VOUS DE L’ECOLE CENTRALE AVANT CETTE COMMANDE ?

Jean-Marc Bustamante (à gauche)
visitant le campus de l’Ecole avec des étudiants
commanditaires de la P2010
Centrale représente en quelque sorte tout l’univers de l’ingénieur que je ne connais pas, qui revêt à mes yeux un caractère mystérieux, et en même temps essentiel dans la société. Tout comme les ingénieurs sont généralement impressionnés par les architectes, et les architectes par les artistes, je suis personnellement impressionné par le métier de l’ingénieur, à la fois obscur et indispensable. Quand on m’a proposé cette commande, j’ai trouvé formidable qu’il puisse y avoir à un moment donné une relation entre la visibilité de l’art et l’humilité de l’ingénieur. Ce n’était pas évident que des ingénieurs, qui sont plutôt des hommes de l’ombre, s’intéressent à l’art et qu’il y ait cette possibilité de convergence.

QUELLE A ÉTÉ VOTRE IMPRESSION LORS DE VOTRE PREMIÈRE VISITE DU CAMPUS DE L’ECOLE À CHÂTENAY-MALABRY AVEC LE GROUPE D’ÉTUDIANTS COMMANDITAIRES ?
Je n’ai pas été très étonné finalement par l’architecture et l’ordonnancement assez maîtrisé du lieu. L’Ecole Centrale correspond à des architectures d’ingénieurs, avec une volonté manifeste d’être efficace sans perdre du temps dans l’ornemental et la décoration. Ce sont des espaces géométriques et utiles. J’ai été frappé par la lisibilité du lieu où les fonctions sont réparties clairement sur le campus avec d’un côté un bâtiment pour l’enseignement, de l’autre les laboratoires de recherches, l’administration, la résidence des élèves, le restaurant universitaire, le terrain de sport et le gymnase. Le tout relié par de clairs chemins qui desservent chacun de ces lieux. C’est tout le contraire de l’Ecole des Beaux-arts de Paris où j’enseigne depuis plusieurs années, qui est un assemblage de différents styles, de plusieurs couches d’histoire, assez labyrinthique. Ce qui m’a surtout surpris, c’est que j’ai vu dans ces bâtiments les thèmes et les sujets que j’avais utilisés dans mes Lumières. C’est une série que j’ai commencée en 1987 qui consistait à partir d’images d’écoles et d’édifices publics trouvées dans des livres, de les photographier, de les agrandir et de les sérigraphier sur plexiglas pour qu’elles prennent une toute autre présence devant le mur. On se trouve alors face à un objet un peu hybride entre la photographie, l’objet et la sculpture. Cela vient de souvenirs d’enfance quand, petit, on a une relation à l’espace particulière. On est alors un peu pris par les constructions. Quand j’ai visité le campus, je me suis tout à coup retrouvé confronté en réel au sujet de mes oeuvres précédentes. On aurait dit des Lumières en vrai. J’ai voulu boucler la boucle et faire moi-même la photographie de Lumière en utilisant le même dispositif.

"Lumières 01.10", par Garance Chabert, critique d'art

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Depuis la fin du XIXe siècle, la photographie de classe incarne le paradigme de la représentation scolaire. Des maternelles aux grandes écoles, elle témoigne du passage et de l’ascension de l’élève dans l’institution républicaine, dont elle incarne par delà les générations la continuité, tout en offrant à l’élève un souvenir de son appartenance à cette communauté. La force du symbole explique sans doute la représentation normative et immuable de la photographie de classe, sa monotonie narrative étant un gage de stabilité et de tradition. À rebours de cette esthétique fonctionnelle, l’École Centrale a initié un programme de commande d’œuvres d’art à des artistes contemporains, invités à proposer un autre regard sur la photographie de classe. 
 
La réussite d’un projet de production résulte du subtil équilibre entre les attentes du commanditaire et la capacité de l’artiste à s’appuyer sur les contraintes de la commande pour réaliser une œuvre qui prolonge et renouvelle les propres questionnements de son travail.  La pièce qu’a conçue Jean-Marc Bustamante, premier convié à participer à ce programme, répond précisément à cette exigence. Appartenant par son titre et la technique employée à la série des Lumières, la photographie du campus de Centrale à Chatenay-Malabry en propose une nouvelle variante inédite, renouant avec l’esthétique de ses Tableaux photographiques. 

"Une œuvre à la croisée de nos chemins", par Rachad Al Khoury (délégué de la promotion 2010)

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Inauguration de la Photo de promo à l’Association des Centraliens en Juin
2011. De gauche à droite : Camille Chardonnet (P 2010), commanditaire,
Jérôme Poggi (94), médiateur pour la Fondation de France, Jeannette
Bougrab, Secrétaire d’Etat chargée de la Jeunesse et de la Vie associative,
Marc Ventre, président de l’association des Centraliens, Dominique Lemaître,
directrice du mécénat de la Fondation de France, Hervé Biausser (73),
directeur de l’ECP.
A l’initiative de quelques uns d’entre nous, la promotion 2010 a souhaité marquer son passage à l’Ecole par un projet artistique d’une grande portée symbolique et médiatique qui prend la forme d’une photographie commandée à un des photographes français les plus réputés aujourd’hui sur la scène de l’art international : Jean-Marc Bustamante. Sans remplacer la traditionnelle photographie de groupe que nous avons faite lors de la cérémonie de remise des diplômes, cette “photographie de promo” cristallise à travers une oeuvre d’art contemporain le temps commun passé sur le campus de Châtenay-Malabry. Ce campus, s’il est peu spectaculaire au premier regard, est néanmoins celui où nous avons vécu, étudié, pensé et agi ensemble pendant plusieurs années. Il est ce “lieu commun” où sommes devenus centraliens, tous ensemble à travers l’enseignement que nous avons suivi et les projets collectivement menés. Plus qu’aucun autre symbole abstrait dans lequel se reconnaîtrait l’esprit de notre promotion ou qu’aucun portrait de groupe, il nous a semblé important que ce soit notre campus qui offre un visage, son trait de caractère, à notre promotion. Plusieurs visites avec des camarades de notre promotion ont permis à Jean-Marc Bustamante de saisir l’esprit de ce lieu dans une série de clichés dont un en particulier a été choisi pour cette première “photo de promo”. Chacun d’entre nous y aura reconnu le chemin employé quotidiennement pour nous mener de la résidence des élèves à l’éternel «Bat’ens». C’est le chemin à la croisée, selon les sensibilités de chacun, du terrain de rugby et des courts de tennis, des pelouses où se cotoyaient jongleurs et flâneurs, des salles de musique, ou encore le chemin qui au début du printemps nous menait vers le Gala de l’Ecole.

Mais c’est aussi le chemin qui nous ramenait du bat’ens vers notre chère résidence, la «Rez», sa vie associative riche et variée, ses étages où se sont forgées les amitiés les plus fortes et durables. En passant commande d’une oeuvre à un des grands artistes de notre époque, nous avons voulu rendre visible l’esprit de recherche et d’excellence qui anime l’Ecole, donner forme aux valeurs qui distinguent notre communauté mais aussi offrir en partage à chacun d’entre nous un symbole unique et fort dans lequel se reconnaîtra notre promotion à l’avenir. Outre un tirage de tête de grand format que conservera l’Ecole, une édition numérotée et signée de cette oeuvre est aujourd’hui offerte à chacun d’entre nous, diplômés de la P2010.

La photo de promo de l'Ecole Centrale de Paris

Par Jérôme Poggi, médiateur de la commande "Nouveaux commanditaires"


Regrettant le décalage entre la pauvreté formelle des habituelles "photos de promo" réalisées lors des cérémonie de remise des diplômes et leur forte charge symbolique, des étudiants de l'Ecole Centrale décident de commander une œuvre à un artiste, incarnant l'esprit de leur promotion. Dans le cadre de l'action des "Nouveaux commanditaires", le critique d'art Jérôme Poggi leur propose de commander à Jean-Marc Bustamante une photographie de leur campus. Ce dernier réalise une oeuvre de la série "Lumière", aujourd'hui exposée à l'Ecole Centrale, dont une édition originale, numérotée et signée, est offerte à chacun des diplômés de la promotion 2010.
 
Jean-Marc Bustamante, Photo de promo, Ecole Centrale Paris, 2010, courtesy Objet de production

Parce qu’il répond au besoin de cristallisation qu’éprouve tout être humain aux points culminants de son existence - et il faut souhaiter que ceux-ci soient aussi nombreux que possible - l’art est une nécessité que chacun peut ressentir à tout moment dans sa vie, privée ou publique, qu’il soit scientifique ou littéraire, idéaliste ou matérialiste, passionné d’art ou de sport, de management ou de nouvelles technologies. Au-delà de la seule échelle individuelle, un tel besoin en art est essentiel également pour toute entité morale - école, entreprise ou collectivité – afin de donner forme et apparence à un corps d’idées, à un projet commun et à une ambition partagée, trouvant à s’incarner dans un symbole visible et transmissible.

Squaring the Circle - commande du laboratoire Astroparticule et Cosmologie de l'Université Paris VII à Attila Csörgö - projet en cours

Par Jérôme Poggi, médiateur de la commande dans le cadre de l'action Nouveaux commanditaires de la Fondation de France. 



Dessin préparatoire, Attila Csörgö.
Le domaine des astroparticules est à l’interface entre l’étude de l’infiniment grand et de l’infiniment petit, entre physique des particules et astrophysique. 
Le laboratoire est particulièrement attentif à sa mission de diffusion des connaissances : faire connaître les domaines scientifiques abordés, les résultats marquants, mais aussi les réalisations techniques et plus généralement la façon dont le laboratoire vit au jour le jour.

En 2012 fut célébré le centenaire de la première mesure des rayons cosmiques par le physicien autrichien Victor Franz Hess. Plusieurs scientifiques liés à l’Institut de recherche nucléaire du CNRS et à l’APC souhaitent saisir cette occasion pour passer commande d’une oeuvre à un artiste qui incarne les enjeux non plus seulement scientifiques mais philosophiques, conceptuels voire spirituels liés la découverte et l’étude des astroparticules.

Le Musée d’art contemporain de l’Université de Sao Paulo s’installe dans 27.000 m2


Par Jérôme Poggi


Les universités américaines ne sont pas les seules à pouvoir s’enorgueillir d’institutions muséales de référence. L’Amérique du Sud compte aussi plusieurs musées universitaires de premier plan à l’instar du Musée d’art contemporain de l’université de Mexico (MUAC), installé depuis 2008 dans un imposant bâtiment de l’architecte mexicain Teodoro Gonzalez de Leon ou celui de l’université du Chili. Le plus important d’entre eux est sans aucun doute le Musée d’art contemporain de l’Université de Sao Paulo au Brésil (MAC-SP) qui, à l’occasion de son cinquantième anniversaire, est en train d’emménager progressivement dans un immense bâtiment d’Oscar Niemeyer.


Construit en 1953 en lisière du parc d’Ibirapuera pour le 400ème anniversaire de la création de la Ville de Sao Paulo, cet ancien Palais de l’Agriculture offre aujourd’hui au musée une superficie de près de 27.000 m2, comparable au 28.000 m2 de notre MNAM ou au 22.000 m2 du Palais de Tokyo…. Un chiffre d’autant plus impressionnant que le musée est censé conserver son ancien site de 3.500 m2 situé au coeur du campus en périphérie de la ville, à des fins essentiellement académiques.

Design Thinking : à la recherche de l’étincelle créatrice

Par Pierre Caron


Le design thinking connaît aujourd’hui un essor en France, et son application se trouve au centre de nombreux programmes innovants mis en place par nos Grandes Ecoles. Qu’est-ce que le design thinking ? Un mode de pensée et une méthodologie visant le processus idéal de création d’un objet. Il propose de rechercher la nouveauté qui répondra à un besoin et pense, dès les prémices du projet, à sa conception, son dessin, sa fabrication, sa commercialisation et sa promotion. On peut résumer son principe par trois axes -empathie, créativité, rationalisme- et par un attachement tout particulier au dialogue, où chacun peut donner libre cours à son imagination.




C'est à l'Université de Stanford que fut développé le concept de design thinking

L’influence du design thinking sur l’enseignement supérieur français ne devrait pas nous étonner. Ce concept ne prend-il pas racine dans un contexte universitaire ? En effet, c’est à la D. School (école de design) de Stanford University que s’est formé le design thinking et surtout à travers son Joint Program in Design (établi en 1958 mais formalisé au cours des années 1960), un programme qui regroupe en son sein des cours d’ingénierie et d’art. Son point de départ est la pensée d’un design qui se concentre sur l’homme moderne et ses besoins quotidiens. Il a été progressivement développé, au cours des années 1960 puis 1970, par les professeurs de Stanford, dont Robert McKim, David Kelley, Rolf Faste et Matt Kahn.