Par Jérôme Poggi
Au premier regard, le Bard College ressemble à la plupart des campus universitaires américains, perdu au milieu d’un paysage extraordinaire dans la vallée de l’Hudson, à deux heures de Manhattan. La visite de ses 240 hectares révèle pourtant un modèle universitaire unique, valant à cette prestigieuse institution une réputation progressiste depuis sa création en 1860.
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| Olafur Eliasson, Le Parlement de la Réalité, 2009, commande du CCS du Bard College, New York. Photo : D. R. |
En arrivant depuis la gare de Poughkeepsie, le visiteur traversera peut-être le cimetière boisé de l’université où, parmi des personnalités émérites, repose la philosophe d’origine allemande Hannah Arendt dont l’esprit continue de planer sur le campus, entretenu par le Hannah Arendt Center For Politics And Humanities. Un peu plus loin, il apercevra des étudiants cultivant eux-mêmes un vaste jardin potager, biologique bien sûr, dont la production est vendue au restaurant universitaire pour nourrir une communauté de près de 2 500 élèves et chercheurs, oeuvrant dans tous les champs des arts libéraux, de la biologie et des mathématiques jusqu’à la finance et la sociologie. Sans oublier les arts qui constituent un des fers de lance de l’institution. Situé au bord de l’Hudson, le prestigieux Center for Curatorial Studies and Art in Contemporary Culture (CCS) que dirige aujourd’hui Tom Eccles, est ainsi l’une des premières formations curatoriales au monde, à la fois par son antériorité (1990), par son influence et ses moyens. Le musée Hessel (1 500 m2) qui le jouxte abrite une collection riche de 1 700 oeuvres d’art contemporain que Marieluise Hessel, une des fondatrices du CCS, a offerte au Bard College pour allier la pratique à la théorie curatoriale. Les futurs commissaires peuvent s’y mesurer aux oeuvres directement, devant organiser un projet à partir de la collection dans le cadre de leur cursus universitaire, comme en témoignent les trois expositions en cours.











